24.2.12

New York Fashion Week: Highlights and Downers


Après les inoubliables défilés homme et les salons feutrés de la haute couture, place à la Fashion Week du prêt-à-porter féminin, version hiver 2012-2013. Le marathon commence dans la Grosse Pomme, qui, comme toujours, dicte ce que les hipsters de par le monde doivent posséder dans leur garde-robe.
Joseph Altuzarra, jeune styliste aux origines françaises et chinoises, est l'un des intégrants de la nouvelle vague de créateurs new-yorkais qui s'impose de plus en plus depuis quelques années. La femme Altuzarra de l'hiver prochain sera l'héritière de Corto Maltese (l'inspiration principale du créateur pour cette collection): une fille voyageuse et bohème, sachant puiser dans de nombreux répertoires ethniques et culturels avec une élégance rafraîchissante comme la brise marine. Elle connaît les caravanes gitanes aussi bien que les cafés de la Rive Gauche parisienne, en passant par les tipis indiens de l'Amérique du Nord ou encore la rigueur des uniformes militaires. Cette infatigable nomade est de loin l'une des plus intéressantes propositions que New York nous réserve.
__________________________________________________________

After the unforgettable menswear shows and the exclusivity of haute couture, the Fall/Winter 2012-2013 ready-to-wear collections are taking over. The fashion marathon begins in the Big Apple, who, like always, dictates what hipsters all over the world will be having in their closet to hit the clubs and fuel the nightlife like they should.
Joseph Altuzarra, the young designer with both French and Chinese origins, is one of the members of the new wave of New York talents establishing itself a little bit more each year. The Altuzarra woman of next winter will be honoring the legacy of adult comic-hero Corto Maltese (the designer's main inspiration for this collection): a travelling, bohemian girl, unafraid of getting hold of many cultural and ethnic repertoires at a time, with an elegance as fresh as a marine breeze. She knows the gipsy caravans as well as the cafés of Paris' Left Bank, probably has Native American ancestry and sharp miltary uniforms hold no secrets for her. This tireless nomad is by far one of the most interesting propositions seen in the City that Never Sleeps this Fashion Week.





All pictures by Style.com


Clickez ici pour voir la collection entière
_____________________

Click here to see the entire collection 


Ce n'est pas la première fois que Narciso Rodriguez nous éblouit avec le délicieux minimalisme qui le caractérise, mais c'est certainement sa collection la plus diverse en matière de couleur. De l'incontournable bordeaux au vert olive virant dans le moutarde, en passant par un orange shocking, sans oublier le noir inévitable, le blanc signature et le gris, clair ou foncé. Quant aux coupes, la savante superposition du styliste, tout sauf excessive, s'additionne parfaitement aux imprimés Escher en format maxi et aux lignes droites que Rodriguez chérit tant. Le créateur américain d'ascendance cubaine a également présenté sa première gamme d'accessoires sur le podium, avec notamment des bottes à effet graphique ou des sacs style bowling bicolores. Réjouissant.
________________________________________________________________

It's not the first time that Narciso Rodriguez wows us with his signature minimalism, but it's certainly one of  the most (if not the most) colorful collections he has done: from the ever-chic bordeaux to olive green and tones of mustard yellow followed by a shocking orange nuance, without leaving behind the inevitable black & white and various shades of grey. On the other hand, the cherished layering of the designer, eluding all kinds of excess, is a suitable complement to the maxi Escher-esque prints and the straight linings that can be found in the overall Rodriguez chronology. The Cuban American designer has also shown his first accessories on the runway: graphic knee-high boots and bicolor bowling-style bags. Cheerful, yet subtle.




Pictures by fashionologie.com




Pictures by vogue.com


Clickez ici pour voir la collection entière
_____________________

Click here to see the entire collection


Toute Fashion Week a une tragédie, mais l'hypocrisie de l'opinion publique dans ce petit monde en talons aiguilles se garde bien d'en parler explicitement quand il s'agit d'un grand nom, et d'une marque tellement vénérée qu'elle est devenue une institution. Eh oui, la tragédie dont je parle a été orchestrée par cet enfant terrible au biceps tatoués, cet adepte de la jupe masculine dont les collections sont euphoriquement applaudies tout au long de l'année: Marc Jacobs. Bien sûr, chacun sait que le styliste a déjà une réputation de provocateur insolent et ne recule jamais devant le kitsch, avec qui il entretient une longue histoire d'amour.
Mais notre Marc est aussi capable de nous pondre des spectacles aux blancheurs virginales, comme on a pu le voir en septembre dernier, lors du défilé Louis Vuitton pour le printemps/été 2012, où les mignons tons pastels côtoyaient les cols en dentelle mamie-chic. Oui, Marc aime le changement, comme tout le monde le devrait dans la mode. Mais lorsque j'ai aperçu les premières photos de la collection Marc Jacobs automne/hiver 2012-2013, je n'ai pensé qu'à une chose; l'ironie mordante qu'Oscar Wilde a employé pour décrire la mode:

"une forme de laideur si intolérable qu'il faut en changer tous les six mois".

Et pour être laid, c'était laid. Des mannequins grotesquement transformés, sur un fond à la Dr. Seuss, carrément thématique, se pavanaient sur le podium, portant de la tête aux pieds un enchevêtrement de "vêtements" incompréhensibles surmontés de couvre-chefs poilus dignes seulement d'un carnaval, avec le glamour en moins. Jacobs a essayé de concocter un mélange de matières, de textures, de motifs et de couleurs, qui ne peut qu'évoquer un monumental (et pardonnez mon expression) "WTF".
D'accord, il a essayé de faire du fun, du fantastique, du rêve. Faut dire qu'il a eu des moments plus glorieux. La disproportion des silhouettes de cette collection ne peut être comparée aux créations essentiellement artistiques de Rei Kawakubo ou de Thom Browne, ou même de Walter van Beirendonck, car l'ensemble de la collection ne manque pas seulement de vision, mais aussi de cohérence. Quand on devient célèbre pour la façon dont on habille les femmes, on ne doit pas se croire capable de faire n'importe quoi et d'attendre tranquillement les ovations du public...
Pour le moment, je ne vois que Anna Dello Russo porter ce que j'ai vu sur ce podium, et bien que j'admire son courage, je doute fort que toutes les clientes de Marc Jacobs se promènent dans la rue avec des cerises gigantesques sur la tête... Je me trompe? L'auto-dérision, c'est bien. Tourner au ridicule les milliers de filles prêtes à se damner pour porter une de tes robes, pas tellement.

______________________________________________________

 Every Fashion Week has a tragedy, but the hypocrisy of the public opinion in this little world on stilettos is never sincere about it when the tragedy in question involves a famous name, a brand so sought-after that it becomes an institution. Alas, this tragedy I'm referring to has been orchestrated by this enfant terrible with tatooed biceps, this adept of the masculine skirt whose collections are euphorically applauded worldwide: Marc Jacobs. Of course, everyone knows that the designer has a provocative reputation and that kitsch is no unknown word to him. 
But our beloved Marc is also capable of putting up shows of pure whiteness and purity, like the one we witnessed a few months ago, during the spring/summer 2012 Louis Vuitton extravaganza, where sweet pastels and cute oversize granny-chic lace collars mingled together quite harmonically. Yes, Marc likes change, like everyone should in fashion. But when I laid eyes on the first pictures of the Marc Jacobs fall/winter 2012-2013 collection on Twitter, I could only think about one thing; the ironic desciption of fashion made by Oscar Wilde:

"a form of ugliness so intolerable that we have to alter it every six months".

And it was ugly indeed. The models, unrecognizable, paraded in front of a themey Dr. Seuss-inspired background, wearing from head to toe an unfortunate entanglement of "clothes" unbelievably hard to understand, topped off with shapeless, fuzzy hats worthy of a carnival, without every bit of glamour, that is. Jacobs tried to compose a messy mix of fabrics, prints, colors and textures, that could only make my lips mutter a bewildered (pardon my French) WTF
OK, he tried to be fun, to be outrageous, to make us dream. I have to say, he has had much more glorious moments. The absolute disproportion of the silhouettes in this collection cannot be compared to the essentially artistic work of Rei Kawakubo, Thom Browne, or even Walter van Beirendonck, because the collection overall doesn't only lack a vision, but coherence as well. When you become famous for the way you dress women, you shouldn't just do whatever comes into your mind and expect everyone to give you a standing ovation... 
Right now, I can only picture Anna Dello Russo wearing what I saw on that catwalk, and though I admire her boldness, I hardly doubt that all of MJ's clients leave home with giant cherries on their head... Am I wrong? Self-derision is alright. To mock the thousands of girls who'd kill for one of your dresses, not really.





 All pictures by Fashionologie

Clickez ici pour voir la collection entière
_____________________

Click here to see the entire collection

3 comments:

  1. So many beautiful collections have come about this season!

    Fashion Dawgs

    ReplyDelete
  2. too high fashion for my taste. I'd like to see something a bit more practical

    ReplyDelete